Méthode publique · millésime 2025
La formule
Comment la note est fabriquée, dans quel ordre, avec quels poids — et ce qu’elle ne peut pas dire. Tout est ici, y compris un exemple chiffré sur un établissement réel.
Données officielles Ministère de l’Éducation nationale Millésime 2025 Licence Ouverte 2.0Mis à jour le 12 sept. 2026
Rien n’est masqué : ce qui suit suffit à recalculer chaque note du site à partir des fichiers d’origine.
Version 1 · millésime collèges 2025 · millésime lycées 2025 · base construite le 2026-09-12.
1. D’où viennent les chiffres
Uniquement de data.education.gouv.fr, la plateforme de données ouvertes du ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, sous Licence Ouverte 2.0. Aucune donnée n’est collectée ailleurs, aucun site n’est aspiré, aucune information n’est saisie à la main. Le lien entre les fichiers se fait par le code UAI, l’identifiant national de chaque établissement. La liste des jeux de données est publiée.
2. Le principe : des rangs, pas des valeurs brutes
Chaque indicateur est d’abord converti en rang parmi tous les établissements comparables. Un rang de 70 signifie « fait mieux que 70 % des établissements de sa catégorie ». C’est seulement ensuite que les rangs sont pondérés et additionnés.
Ce détour n’est pas cosmétique. Les taux de réussite aux examens sont massés contre le plafond : 21 % des lycées généraux affichent 100 % de réussite au bac, et l’indicateur ne prend que trente valeurs distinctes sur l’ensemble du pays. Noter directement ces pourcentages reviendrait à donner la même note à cinq cents lycées. Le rang, lui, sépare ce qui est séparable et ne prétend pas séparer le reste : les établissements à égalité reçoivent tous le rang médian de leur groupe.
3. À qui chaque établissement est comparé
Un collège n’est comparé qu’à des collèges. Un lycée est comparé aux lycées de sa voie : voie générale et technologique d’un côté, voie professionnelle de l’autre.
Là encore, ce n’est pas un détail. En 2025, la réussite médiane est de 97 % en voie générale contre 86 % en voie professionnelle, et le taux d’accès de la seconde au baccalauréat de 86 % contre 63 %. Sur une échelle unique, les lycées professionnels occuperaient mécaniquement le bas du tableau — ce qui ne dirait rien de leur travail et beaucoup de la population qu’ils accueillent. Un lycée polyvalent reçoit une note par voie, puis une note d’ensemble égale à leur moyenne pondérée par le nombre de candidats ; les deux notes de voie restent affichées.
4. Le lissage sur trois sessions
Une cohorte n’est pas la suivante. Pour un collège de cent candidats, quelques élèves suffisent à faire bouger le taux de réussite de plusieurs points sans que rien n’ait changé dans l’établissement. Chaque indicateur est donc la moyenne des trois dernières sessions, la plus récente comptant pour 3, la précédente pour 2, celle d’avant pour 1.
En dessous de deux sessions exploitables, aucune note n’est publiée : la fiche affiche « note non calculable ». Nous préférons cette mention à une estimation.
5. Les composantes et leurs poids
Collèges — sur la base du brevet
Lycées — sur la base du baccalauréat
Pourquoi ces poids
La valeur ajoutée pèse le plus lourd — trente points sur cent, dans les deux cas. C’est l’indicateur que le ministère calcule lui-même : l’écart entre les résultats obtenus et ceux qu’on pouvait attendre compte tenu du profil social et scolaire des élèves accueillis. C’est aussi le seul qui distingue ce que l’établissement apporte de ce que ses élèves apportaient en arrivant. Sur nos données, l’indice de position sociale explique à lui seul 65 % de la variance de la note moyenne au brevet : sans correction, une note ne mesurerait guère plus que la composition sociale du quartier.
La note à l’écrit du brevet complète le taux de réussite pour les collèges. Le taux de réussite plafonne (médiane 88 %, neuf collèges sur dix au-dessus de 74 %) ; la note moyenne, elle, s’étale de 8,7 à 12,9 entre le premier et le dernier décile. Les deux ensemble pèsent quarante-cinq points, mais répartis là où l’information se trouve réellement.
Le taux d’accès de la seconde au baccalauréat vaut vingt-cinq points chez les lycées. Il mesure la part des élèves entrés en seconde qui obtiennent le bac dans l’établissement : un lycée qui oriente ailleurs ses élèves fragiles améliore son taux de réussite, mais pas son taux d’accès. Sans cet indicateur, la note récompenserait la sélection.
6. Quand une donnée manque
Le ministère ne publie pas la valeur ajoutée des établissements comptant trop peu de candidats — le calcul y serait trop imprécis. C’est le cas d’environ un collège sur vingt. La note est alors établie sur les composantes disponibles puis ramenée à 100, et la fiche l’indique explicitement. Si les composantes disponibles pèsent moins de soixante points sur cent, aucune note n’est publiée.
Aucune valeur n’est jamais imputée, extrapolée ou remplacée par une moyenne. Une case vide reste vide.
7. Les classes A à E
Parce que la note repose sur des rangs, elle se répartit presque uniformément de 0 à 100. Les seuils découpent donc des cinquièmes : chaque classe regroupe environ 20 % des établissements de sa catégorie. Une classe E ne signifie pas « mauvais établissement » : elle situe dans le dernier cinquième sur ces indicateurs-là, valeur ajoutée comprise.
- A 75 à 100
- B 58 à 74
- C 42 à 57
- D 25 à 41
- E moins de 25
| Catégorie | A | B | C | D | E | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Collèges | 20 % | 19 % | 20 % | 23 % | 17 % | 6 775 |
| Lycées généraux et technologiques | 22 % | 26 % | 20 % | 19 % | 13 % | 1 486 |
| Lycées polyvalents | 11 % | 20 % | 27 % | 27 % | 14 % | 899 |
| Lycées professionnels | 19 % | 21 % | 19 % | 22 % | 19 % | 1 149 |
8. La flèche de tendance
La flèche ne compare pas un établissement à lui-même, mais son écart à la moyenne nationale d’une session à l’autre. La raison est simple : la réussite nationale au brevet est passée de 90,6 % en 2023 à 87,1 % en 2025, et la session 2020 du baccalauréat a été passée en contrôle continu. Sur les valeurs brutes, la moitié des collèges de France afficheraient une flèche descendante alors qu’ils ont simplement suivi le pays.
Le seuil de déclenchement n’est pas choisi : c’est l’incertitude de mesure, estimée sur les données elles-mêmes en regardant à quel point les séries s’écartent de leur propre tendance. Elle vaut 2.04 point par an pour les collèges et 0.71 point par an pour les lycées généraux. En dessous, la flèche reste horizontale : cela ne veut pas dire « immobile », mais « aucun mouvement qui se distingue du bruit ».
9. Un exemple chiffré, en entier
Collège Collège Georges Charpak, à Gex (Ain), millésime 2025. Cet exemple est tiré automatiquement de la base parmi les établissements dont la note est proche de la médiane, pour ne pas illustrer la méthode avec un cas flatteur.
Les trois sessions retenues
| Session | Poids | Réussite | Note à l’écrit | Mentions | Valeur ajoutée |
|---|---|---|---|---|---|
| 2025 | 3 | 91,0 % | 11,3 | 80,0 % | +1,0 |
| 2024 | 2 | 87,0 % | 10,6 | 65,4 % | −3,0 |
| 2023 | 1 | 88,0 % | 11,6 | 71,3 % | −6,0 |
Du lissage à la note
| Composante | Valeur lissée | Rang national | Poids | Points |
|---|---|---|---|---|
| Réussite au brevet | 89,17 % | 52,8 | 30 | 52,8 % × 30 = 15,85 |
| Moyenne à l’écrit | 11,12 | 54,7 | 15 | 54,7 % × 15 = 8,20 |
| Taux de mentions | 73,69 % | 55,3 | 25 | 55,3 % × 25 = 13,81 |
| Valeur ajoutée | −1,50 | 48,6 | 30 | 48,6 % × 30 = 14,58 |
| Total | 100 | 52,45 |
La note est le total ramené à 100 : 52,45 ÷ 100 × 100 = 52,4, arrondi à 52 sur 100, soit la classe C — le 32e rang sur 65 dans son département, sur 6 858 établissements comparés.
10. Ce que la note ne mesure pas
Elle ne dit rien du climat scolaire, de la qualité de l’accueil, de la stabilité de l’équipe, des options rares, du trajet depuis chez vous, ni de ce qu’un enfant en particulier y vivra. Elle repose sur des examens de fin de cycle, qui ne mesurent qu’une part de ce qu’une scolarité apporte.
Elle porte aussi les limites de ses sources : un établissement peut avoir changé d’équipe ou de projet depuis la dernière session publiée, et les petits effectifs restent bruités malgré le lissage. Enfin, un lycée polyvalent obtient mécaniquement une note plus proche de la moyenne, puisqu’elle résulte de deux notes moyennées.
Nous ne publions aucun classement des établissements les moins bien notés, et nous mettons en avant, sur chaque page de département, ceux qui font le plus progresser leurs élèves.
Réutiliser ces chiffres
Les données d’origine sont sous Licence Ouverte 2.0 et restent librement réutilisables auprès du ministère. Les notes calculées par ce site sont réutilisables à la même condition : citer « La Note des Écoles » et lier vers cette page de méthode, afin que le lecteur puisse vérifier ce que le chiffre recouvre.
Journalistes, chercheurs, collectivités : écrivez à contact@notedesecoles.fr pour obtenir un extrait au format tableur sur un département ou une académie.